08/05/2022

Actualités archéologiques

 

 

 

1 )    Expositions : Depuis plusieurs mois, il est possible de consulter des expositions en mode virtuel à partir de sites internet, notamment sur le site du musée du Louvre ou du Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN).

 

2 )    Musée : Réouverture du musée Carnavalet. 2021.
Après quatre ans de travaux, le musée de l'Histoire de Paris a rouvert, avec une nouvelle scénographie axée sur la chronologie. Les accès aux multiples espaces se sont améliorés. En 3800 oeuvres, le parcours va de la Préhistoire, dont la part a été étoffée et inclut des données récentes, à l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 2019.
Musée Carnavalet (01 44 59 58 58), 23 rue de Sévigné, 75004 Paris. Entrée gratuite.

 

3 )    Exposition : Machu Picchu et les trésors du Pérou.
Cette exposition exceptionnelle retrace les 3000 ans de la grande histoire de la civilisation andine, des civilisations précolombiennes jusqu'au mystère du Machu Picchu. Chefs d'oeuvre et pièces symboliques, près de 200 objets archéologiques d'un des plus grands musées péruviens sont présentés, dont certains ne sont jamais sortis du Pérou.

Cité de l'architecture et du patrimoine - Palais de Chaillot (01 58 51 52 00 ou 01 70 83 97 59), 1, place du Trocadéro, 75016 Paris. Métro L6 ou L9 Trocadéro. Jusqu'au 4 septembre 2022. Ouvert 7 jours sur 7 de 10h à 17h30.
www.expo-machupicchu.fr

 

4 )    Exposition : Mémoire de sable. Archéologie et carrières en Ile de France.
A partir des années 1960, la multiplication des carrières d'extraction de sables et de ganulats a entrainé une explosion des découvertes archéologiques. Le musée de préhistoire d'Ile de France a largement bénéficié depuis son ouverture des apports de cette industrie, notamment dans le secteur de la Bassée et du confluent Seine-Yonne, dont les fouilles ont grandement nourri l'aménagement de ses galeries.
L'archéologie en carrière a permis, grâce à l'ouverture de très grandes surfaces, de changer d'échelle d'observation permettant de connaître, surtout pour les périodes très anciennes, les sites d'habitat, les nécropoles ou les sanctuaires, et d'en percevoir la répartition et leurs modifications au fil de leur évolution.
Musée départemental de Préhistoire d'Ile de France (01 64 78 54 80), 48, avenue Étienne Dailly, 77140 Nemours. Jusqu'au 31 décembre 2022.
www.musee-prehistoire-idf.fr
Contact : prehistoire@departement77.fr

 

5 )    Salon des patrimoines locaux 2021 (salon Ardipa) : samedi 11 décembre 2021.
Salon annuel (en lien avec notre environnement régional). Les producteurs de biens culturels exposent, échangent avec le public ou vendent leurs productions (livres, publications, images, DVD documentaires, offres de conférences ou d'expositions, récit de vie...), ou tout simplement transmettent gratuitement leurs connaissances.
Plusieurs associations en lien avec le Patrimoine sont présentes et proposent de découvrir leurs travaux. Possibilité d'adhésion sur place.

Quelques animations sont organisées au cours de l'événement.
Organisateur : Ardipa, avec la participation de la ville de Viry-Châtillon et du Conseil départemental de l'Essonne.
Ferme de Viry-Châtillon, 31 rue Henri Barbusse, 91170 Viry-Châtillon, parkings de la mairie. Samedi 11 décembre 2021, 14h à 18h, entrée gratuite.

Contact : ardipa@yahoo.com

 

6 )    Hommage : Pincevent, près de 60 ans de fouilles et de recherches sur les Magdaléniens (depuis 1964).
Voilà près de 60 ans que les archéologues fouillent le site archéologique de Pincevent situé sur la commune de La Grande Paroisse en Seine et Marne (77) ! Découvert lors de l'exploitation d'une gravière non loin de Varennes sur Seine, ce campement de chasseurs de rennes de la dernière période froide du Paléolithique récent est fouillé depuis plus d'un demi-siècle par des équipes du CNRS, héritiers de l'école de pensée d'André Leroi-Gourhan. Site emblématique de la recherche archéologique internationale, de nombreux préhistoriens, ethnologues et autres spécialistes se sont un jour penchés sur ce sol qui a conservé le passage de nos lointains ancêtres. Dans ce fond de vallée de la Seine, actuellement ponctué de gravières, les Magdaléniens sont revenus à 23 reprises chasser le renne puis le cheval il y a environ 14 000 ans. De douces inondations provoquées par les débordements de bras de la Seine ont recouverts chacune de ces occupations. De fines couches de limon ont ainsi assuré un parfait état de conservation à ces différents niveaux d'habitation. Ce qui fait de Pincevent un "Pompéi préhistorique". La formule suivante se prête particulièrement bien au site de Pincevent : fouiller les strates unes à unes et lire la préhistoire, comme dans un livre ! Des restes de campements très bien conservés furent ainsi dégagés sur plusieurs milliers de mètres carrés. En 2014, plusieurs manifestations furent proposées au public pour célébrer un demi-siècle de recherches, notamment une exposition réalisée par le Centre archéologique de Pincevent, situé sur le site de fouilles. A la lumière des résultats des recherches, cette exposition entreprit de présenter le mode de vie des chasseurs - cueilleurs(ses) - pêcheurs magdaléniens. Dans le contexte du site de Pincevent, quelles étaient leurs techniques de chasse, leurs habitations, leurs habitudes alimentaires ? Le Musée de Préhistoire d'Ile de France propose de retrouver toute l'année le monde des Magdaléniens ; à l'aide d'objets exposés de façon permanente associés à un circuit de visite didactique et par des expositions thématiques ou des ateliers pédagogiques. Musée de Préhistoire d'Ile de France (01 64 78 54 80), 48, avenue Etienne Dailly, 77140 Nemours.    
www.musee-prehistoire-idf.fr

 

7 )    12/12/2021 : Ils avaient effectué une entrée remarquée sur la chaîne télévisuelle France 3 en janvier 2003, avec "l'Odyssée de l'espèce" (record d'audience TV de l'époque avec neuf millions de téléspectateurs). Yves Coppens en conseiller scientifique et le réalisateur Jacques Malaterre récidivèrent avec "Homo sapiens", diffusé sur France 3 en janvier 2005. Ce fut encore un beau score d'audience télévisuelle ! Des résultats qui révèlent l'intérêt du public pour les origines de l'Homme. Ce second opus commence là où finissait le précédent. Moins scientifique, certainement, plus romanesque, sans nul doute ! << Ou on travaille pour des milliers, des dizaines de milliers de personnes ou pour des millions de personnes ! ... Le problème de ces films sera toujours un mélange d'information et de fiction... >> C'est en ces termes qu'Yves Coppens répond en 2005 aux questions concernant ce documentaire parfois emphatique et par trop emplis d'humanisme, à la recherche constante de l'émotion. Dans ce nouvel épisode, un développement plus important est consacré au traitement envers les morts et le chamanisme. Souvent emporté par un lyrisme peu approprié et fermé au doute qui fait la Science. En effet, l'imagination des réalisateurs l'emporte trop souvent sur la Science. Néanmoins, c'est somme toute un effort non négligeable de vulgarisation scientifique. On ne se lasse pas de cette aventure humaine. Mais pourquoi et comment cousin Néandertal a-t-il disparu (non adaptation au changement climatique, pandémie létale liée à un virus exogène, arrivée d'Homo sapiens et bouleversement de l'équilibre de la niche écologique dans laquelle il évoluait depuis plus de 200 000 ans, élimination par d'autres hominidés, taux de reproduction plus faible que d'autres hominidés, hybridation culturelle et biologique avec d'autres hominidés, notamment avec Homo denisovensis [les Denisoviens du site de Denisova, en Sibérie], puis absorption génétique "discrète" par l'Homme moderne qu'est Homo sapiens... qui venait de domestiquer le loup, devenu le meilleur ami de l'homme, excellent coéquipier dans la chasse au gibier, devenu plus rare pour nourrir les jeunes Néandertaliens) ?
Plusieurs anthropologues avancent, dans une récente théorie, qu'un processus de domestication particulièrement intense de notre espèce par elle-même aurait rendu les Homo sapiens plus sociables et plus collaboratifs que les autres espèces. (autodomestication humaine = forte augmentation de la population + accélération de l'évolution des techniques).

Dans le journal Libération, daté 29-30 janvier 2005, cinq spécialistes de la Préhistoire signaient un texte dans lequel ils dénonçaient avec virulence certains des aspects de ces deux films. Le 2 avril 2005, une émission de Michel Alberganti radiodiffusée sur France Culture proposait d'en débattre avec Boris Valentin et Jacques Pélegrin (représentants des cinq signataires de l'article de Libération de janvier 2005). Au menu : Comment vulgariser un domaine où les incertitudes scientifiques ouvrent la voie à la fiction ?...

Au cours d'un colloque archéologique en novembre 2006, Yves Coppens revint sur le premier épisode de 2003 pour lequel il conservait une fierté eu égard à l'audience et à l'effort de vulgarisation. Il annonça : <<... Quand on est conseiller scientifique on n'a pas grand chose à dire face à la production, aux gestionnaires... Le montage m'a aussi en partie échappé... Je ne crois pas que tous les préhistoriques étaient aussi laids et hébétés que l'a montré le film... Pourquoi Néandertal, vivant dans une région froide aurait-il la peau plus sombre qu'Homo sapiens venant d'une région tempérée comme l'était le Moyen-Orient de l'époque ?... Néandertal se trouvant en admiration devant Cro-Magnon / Homo sapiens, est-ce bien la réalité ?... >>

Le "Sacre de l'Homme" diffusé sur France 2 le 10 avril 2007 est le troisième opus. Consacré essentiellement au Néolithique, on y dépeint la naissance d'une économie de production, en insistant sur les nouveaux rapports qu'entretiennent maintenant les groupes humains. Les anciens chasseurs - cueilleurs - pêcheurs nomades deviennent lentement sédentaires et défendent un territoire cultivé, une propriété. Un milieu naturel progressivement maîtrisé, des moyens de subsistances prévisibles : la profonde mutation culturelle du Néolithique, s'étalant sur plusieurs siècles et sur d'immenses territoires ! L'environnement ne cessera, de mutations en remaniements, de perdre peu à peu la plupart de ses états naturels sous l'effet de techniques toujours plus efficaces. La main de l'homme maîtrise le territoire, le paysage ! C'est également l'avènement des premières cités... Conseillers scientifiques : Yves Coppens et Jean Guilaine.

L'Odyssée de l'espèce, Homo sapiens et Le Sacre de l'Homme sont disponibles en DVD (France Télévisions Editions). La diffusion de ces documentaires ou  docu-fictions fut l'occasion d'éditer plusieurs livres et bandes dessinés (Editions Flammarion et Bamboo).

Conforté par le succès de ces trois épisodes, le réalisateur Jacques Malaterre s'est lancé dans l'aventure cinématographique. Pas un "docu-fiction" mais une histoire romancée, celle de la disparition du peuple néandertalien à travers le destin d'Ao, le dernier représentant de cette espèce. Ce film est tiré du roman "Ao, l'homme ancien" de Marc Klapizynski. "Ao, le dernier Néandertal" est sortie en salle en septembre 2010. Pour les conseils scientifiques, les producteurs et le réalisateur firent appel à une spécialiste de Néandertal, Marylène Patou-Mathis. Elle s'attacha à décrire les habits, les campements, les armes, la façon de vivre et de chasser. Cette paléontologue démontre que l'Homme de Neandertal est un stratège au langage articulé, le plus grand chasseur de tous les temps. Il taillait des outils performants, était en capacité d'une pensée symbolique et pratiquait des rites funéraires. Il aurait été moins fécond que son rival Homo sapiens (Homme moderne), mais des études génétiques menées notamment depuis le séquençage complet de son génome en 2010, montrent que les deux espèces se sont hybridées. Après avoir vécu près de 300 000 ans, si Néandertal a disparu, il reste un peu de lui en nous... Suivant les individus hors d'Afrique, jusqu'à 4 % de leur ADN contiendrait du code génétique de Néandertal. Les Aborigènes d'Australie ainsi que les Papous possèdent jusqu'à 6 % de gènes hérités des Denisoviens (site de Denisova).
Dans le film, quelques écueils persistent, notamment la présence de l'ours blanc, contemporain de Néandertal. L'état actuel des recherches attestent que l'ours blanc est apparu plusieurs millénaires après la disparition de Néandertal, attestée aujourd'hui vers -33 000 ans dans la péninsule ibérique, près de Gibraltar. Coproduction : France Télévisions.

De part et d'autre du globe, plusieurs événements auraient eu lieu : une hybridation identifiée en 2018 entre Néandertal et Denisoviens, ainsi qu'une possible hybridation entre Néandertal et Homo sapiens à l'ouest, et entre Denisoviens et Homo sapiens à l'est.
A la faveur de l'évolution des techniques d'analyses biologiques, après l'identification en Indonésie d'Homo Floresiensis il y a quelques années, une nouvelle espèce est introduite en 2019 dans le genre Homo. Il s'agit d'Homo Luzonensis, vivant également en Asie du sud-est et datant de plus de 50 000 ans, sur l'île de Luçon aux Philippines (ossements mis au jour à partir de 2007).
Pour Néandertal, longtemps considéré comme un être primitif et bestial, il est aujourd'hui reconnu comme un humain à part entière. Néandertal n'était ni supérieur, ni inférieur à l'homme moderne (Homo sapiens), il était différent. La découverte en 1856, de sa singulière calotte crânienne dans la vallée ("thal" en allemand) de Neander en Allemagne et les découvertes majeurs du XIXe siècle ont mis le monde scientifique en ébullition, suscité de nombreuses interprétations scientifiques et nourris les imaginaires. Une espèce plus proche de nous qu'on ne le croyait il y a quelques années et dont la disparition nous interroge sur notre propre destinée face aux changements environnementaux (et culturels ?).

Diffusé en avril 2018 sur la chaîne télévisuelle France 5, le documentaire "Qui a tué Néandertal ?" fut réalisé par Thomas Cirotteau, d'après le livre de paléofiction "Qui a tué Néandertal ?" d'Éric Pincas (rédacteur en chef du magazine Historia). Jacques Malaterre a également participé à l'écriture de ce documentaire qui dévoile, sous la forme d'une enquête policière, l'ensemble de la démarche scientifique en archéologie visant à élucider le mystère de la disparation de Néandertal. Fausse enquête policière mais véritable enquête scientifique sur l'une des disparitions les plus fascinantes de l'histoire de l'humanité. Des séquences du film "Ao, l'homme ancien" sont incorporées à ce thriller préhistorique dans lequel des chercheurs du monde entier entreprennent de retracer le fil de l'histoire de cette espèce humaine. Coproduction documentaire : Bonne pioche télévision et France Télévisions.

 

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