06/10/2019

Actualités archéologiques

 

 

 

1 )    Conférence : La machine de Marly comme vous ne l'avez encore jamais vue ! Présentation des résultats de la prospection subaquatique réalisée le 25 mai 2019 dans la Seine sur le site de la machine hydraulique construite en 1681 par les frères Paulus et Rennequin Sualem, sous la direction d'Arnold de Ville pour alimenter en eau les jardins du château de Versailles de Louis XIV. Arrêtée en 1817, la machine d'origine fut remplacée puis démolie. L'opération archéolique de 2019 a permis de retrouver les fondations de l'ancienne plateforme qui supportait les 14 roues et les pompes, notamment les bases des pieux de la charpenterie et l'assise des anciennes coursives. Théâtre du Grenier, 7 rue du général Leclerc, 78 Bougival. Mardi 15 octobre 2019 à 20h30.  Entrée gratuite. Présentation par Bruno Bentz (responsable de l'opération archéologique, OMAGE, www.omage.free.fr) et Philippe Bonnin (responsable de l'intervention subaquatique, GRAS, www.archsubgras.free.fr)

 

2 )    Formation : La paléométallurgie du fer, du site au laboratoire. Ces 15 dernières années, les techniques et les travaux relatifs à la métallurgie ancienne du fer se sont très fortement développés. Le but de cette formation est de renforcer la coopération et l'interdisciplinarité entre la recherche en laboratoire développée au CNRS et la recherche de terrain. Cette formation introduira les principes fondamentaux des études en paléométallurgie du fer. Elle fournira les outils nécessaires à la mise en place de la chaîne d'étude d'un site sidérurgique. Elle permettra par conséquent :
* D'identifier la valeur ajoutée des études paléométallurgiques à l'étude d'un site ;
* De déterminer les bonnes chaînes analytiques en vue des problématiques soulevées ;
* D'identifier / discriminer / prélever / échantillonner les indices issus de la métallurgie du fer ;
* D'éventuellement assister les premières étapes de l'analyse en laboratoire.
Dates et lieu de la formation : 18 au 22 novembre 2019, au CEA Saclay, 91190 Gif sur Yvette
Comité d'organisation : LAPA-IRAMAT, NIMBE - CEA, CNRS
Formation limlitée à 15 personnes.
Pré-inscription obligatoire AVANT le 13 septembre 2019. Bulletin ici :https://archeometrie.cnrs.fr/spip.php?article582
Informations sur
http://archeometrie.cnrs.fr

 

3 )    Exposition : Crimes et justice au Moyen-Age. On imagine le système judiciaire médiéval comme violent et expéditif. Certes, il y a une violence évidente mais elle n'est pas incontrôlée. Si les crimes de sang figurent largement en tête de ceux répertoriés entre le XIIIe et le XVe siècle, la majorité est commise de manière régulée, selon un code de l'honneur bien établi. On parle de "beau fait", à distinguer du "vilain cas", crime crapuleux ou intentionnel. Ces actes, souvent perpétrés en riposte à une insulte, font l'objet de condamnation bien moins sévères que les meurtres prémédités. L'abondance des lettres de rémission accordées par le roi montre que la majorité de ces crimes est excusable. A partir du XIIIe siècle, le pouvoir royal est "fontaine de justice". En incarnant à la fois la colère et la grâce, le roi s'assure la fidélité de ses sujets. Sans nier la dimension violente de certains châtiments bien connus du public (pilori, bûcher, torture, supplice de l'eau...), l'exposition montre leur caractère exceptionnel dans une société où la paix l'emporte. Les condamnations à mort sont minoritaires. La plupart du temps, la peine se solde par une amende, qui peut être pécuniaire ou déshonorante : c'est la fameuse amende honorable, un châtiment public qui oblige le condamné à s'agenouiller pour crier pardon au roi. Si les scènes spectaculaires trouvent bonne place dans les chroniques et les représentations du Moyen-Age, les crimes ordinaires sont très peu représentés. Une réalité à laquelle se confrontent réguliérement les historiens d'aujourd'hui. Tour Jean sans Peur (01 40 26 20 28), 20, rue Etienne Marcel, 75002 Paris. Jusqu'au 29 décembre 2019.    www.tourjeansanspeur.com

 

4 )    Salon : Le deuxième salon des patrimoines locaux : livres, publications, images, en lien avec notre environnement régional s'est tenu à Viry-Châtillon le 16 décembre 2017. Devise des organisateurs, reprise par des personnalités en visite sur le salon : "Pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient !" Les producteurs de biens culturels ont pu exposer, échanger avec le public ou vendre leurs productions (ouvrages, brochures, DVD documentaires, récit de vie...), ou tout simplement transmettre gratuitement leurs connaissances.
Ferme de Viry-Châtillon, 31 rue Henri Barbusse, 91170 Viry-Châtillon, parkings de la mairie. Samedi 16 décembre 2017, entrée gratuite.

Notre association (AAC-CEA) a répondu une nouvelle fois à l'appel des organisateurs (ARDIPA). Quelques membres de l'AAC-CEA ont tenu un stand dans ce bel espace de la ferme de Viry-Châtillon et ont accueilli les visiteurs afin de leur présenter nos travaux de sauvegarde du patrimoine concernant la villa gallo-romaine de Moulon , située au sud du Plateau de Saclay. Site archéologique unique en Essonne, pour lequel quelques inquiétudes persistent, notamment concernant sa mise en valeur et sa réelle protection dans le cadre des aménagements programmés sur ce secteur du Plateau de Saclay. Au delà des échanges sur la mise en valeur du site gallo-romain, nous avons également échangé sur la céramologie gallo-romaine, un peu moins sur la chimie analytique ou la physique des matériaux, mais quand même un peu sur les détecteurs de particules Scan Pyramids et la muongraphie ;-)

 

5 )    Hommage : Pincevent, plus de 50 ans de fouilles et de recherches sur les Magdaléniens (1964 - 2014). Voilà plus de 50 ans que les archéologues fouillent le site archéologique de Pincevent situé sur la commune de La Grande Paroisse en Seine et Marne (77) ! Découvert lors de l'exploitation d'une gravière non loin de Varennes sur Seine, ce campement de chasseurs de rennes de la dernière période froide du Paléolithique récent est fouillé depuis plus d'un demi-siècle par des équipes du CNRS, héritiers de l'école de pensée d'André Leroi-Gourhan. Site emblématique de la recherche archéologique internationale, de nombreux préhistoriens, ethnologues et autres spécialistes se sont un jour penchés sur ce sol qui a conservé le passage de nos lointains ancêtres. Dans ce fond de vallée de la Seine, actuellement ponctué de gravières, les Magdaléniens sont revenus à 23 reprises chasser le renne puis le cheval il y a environ 14 000 ans. De douces inondations provoquées par les débordements de bras de la Seine ont recouverts chacune de ces occupations. De fines couches de limon ont ainsi assuré un parfait état de conservation à ces différents niveaux d'habitation. Ce qui fait de Pincevent un "Pompéi préhistorique". La formule suivante se prête particulièrement bien au site de Pincevent : fouiller les strates unes à unes et lire la préhistoire, comme dans un livre ! Des restes de campements très bien conservés furent ainsi dégagés sur plusieurs milliers de mètres carrés. En 2014, plusieurs manifestations furent proposées au public pour célébrer ce demi-siècle de recherches, notamment une exposition réalisée par le Centre archéologique de Pincevent, situé sur le site de fouilles. A la lumière des résultats des recherches, cette exposition entreprit de présenter le mode de vie des chasseurs - cueilleurs(ses) - pêcheurs magdaléniens. Dans le contexte du site de Pincevent, quelles étaient leurs techniques de chasse, leurs habitations, leurs habitudes alimentaires ? Le Musée de Préhistoire d'Ile de France propose de retrouver toute l'année le monde des Magdaléniens ; à l'aide d'objets permanents associés à un circuit de visite didactique et par des expositions thématiques ou des ateliers pédagogiques. Musée de Préhistoire d'Ile de France (01 64 78 54 80), 48, avenue Etienne Dailly, 77140 Nemours.     www.musee-prehistoire-idf.fr

 

6 )    25/04/2019 : Ils avaient effectué une entrée remarquée sur la chaîne télévisuelle France 3 en janvier 2003, avec "l'Odyssée de l'espèce" (record d'audience TV de l'époque avec 9 millions de téléspectateurs). Yves Coppens en conseiller scientifique et le réalisateur Jacques Malaterre récidivèrent avec "Homo sapiens", diffusé sur France 3 en janvier 2005. Ce fut encore un beau score d'audience télévisuelle ! Des résultats qui révèlent l'intérêt du public pour les origines de l'Homme. Ce second opus commence là où finissait le précédent. Moins scientifique, certainement, plus romanesque, sans nul doute ! << Ou on travaille pour des milliers, des dizaines de milliers de personnes ou pour des millions de personnes ! ... Le problème de ces films sera toujours un mélange d'information et de fiction... >> C'est en ces termes qu'Yves Coppens répond en 2005 aux questions concernant ce documentaire parfois emphatique et par trop emplis d'humanisme, à la recherche constante de l'émotion. Dans ce nouvel épisode, un développement plus important est mis en place pour le traitement envers les morts et le chamanisme. Souvent emporté par un lyrisme peu approprié et fermé au doute qui fait la Science. En effet, l'imagination des réalisateurs l'emporte trop souvent sur la Science. Néanmoins , c'est somme toute un effort non négligeable de vulgarisation scientifique. On ne se lasse pas de cette aventure humaine. Mais pourquoi et comment cousin Néandertal a-t-il disparu (non adaptation au changement climatique, pandémie létale liée à un virus exogène, arrivée d'Homo sapiens et bouleversement de l'équilibre de la niche écologique dans laquelle il évoluait depuis plus de 200 000 ans, élimination par d'autres hominidés, hybridation culturelle et biologique avec d'autres hominidés, notamment Homo denisovensis [les Denisoviens du site de Denisova, en Sibérie], puis absorption génétique "discrète" par l'Homme moderne qu'est Homo sapiens... qui venait de domestiquer le loup, devenu le meilleur ami de l'homme, excellent coéquipier dans la chasse au gibier, devenu plus rare pour nourrir les jeunes Néandertaliens) ?

Dans le journal Libération, daté 29-30 janvier 2005, cinq spécialistes de la Préhistoire signaient un texte dans lequel ils dénonçaient avec virulence certains des aspects de ces deux films. Le 2 avril 2005, une émission de Michel Alberganti radiodiffusée sur France Culture proposait d'en débattre avec Boris Valentin et Jacques Pélegrin (représentants des 5 signataires de l'article de Libération de janvier 2005). Au menu : Comment vulgariser un domaine où les incertitudes scientifiques ouvrent la voie à la fiction ?...

Au cours d'un colloque archéologique en novembre 2006, Yves Coppens revient sur le premier épisode de 2003 pour lequel il conserve une fierté eu égard à l'audience et à l'effort de vulgarisation et annonce : <<... Quand on est conseiller scientifique on n'a pas grand chose à dire face à la production, aux gestionnaires... Le montage m'a aussi en partie échappé... Je ne crois pas que tous les préhistoriques étaient aussi laids et hébétés que l'a montré le film... Pourquoi Néandertal, vivant dans une région froide aurait-il la peau plus sombre qu'Homo sapiens venant d'une région tempérée comme l'était le Moyen-Orient de l'époque ?... Néandertal se trouvant en admiration devant Cro-Magnon / Homo sapiens, est-ce bien la réalité ?... >>

Le "Sacre de l'Homme" diffusé sur France 2 le 10 avril 2007 est le troisième opus. Consacré essentiellement au Néolithique, on y dépeint la naissance d'une économie de production, en insistant sur les nouveaux rapports qu'entretiennent maintenant les groupes humains. Les anciens chasseurs - cueilleurs - pêcheurs nomades deviennent lentement sédentaires et défendent un territoire cultivé, une propriété. Un milieu naturel progressivement maîtrisé, des moyens de subsistances prévisibles : la profonde mutation culturelle du Néolithique, s'étalant sur plusieurs siècles et sur d'immenses territoires ! L'environnement ne cessera, de mutations en remaniements, de perdre peu à peu la plupart de ses états naturels sous l'effet de techniques toujours plus efficaces. La main de l'homme maîtrise le territoire, le paysage ! C'est également l'avènement des premières cités... Conseillers scientifiques : Yves Coppens et Jean Guilaine.

L'Odyssée de l'espèce, Homo sapiens et Le Sacre de l'Homme sont disponibles en DVD (France Télévisions Editions). La diffusion de ces documentaires ou  docu-fictions fut l'occasion d'éditer plusieurs livres et bandes dessinés (Editions Flammarion et Bamboo).

Conforté par le succès de ces trois épisodes, le réalisateur Jacques Malaterre s'est lancé dans l'aventure cinématographique. Pas un "docu-fiction" mais une histoire romancée, celle de la disparition du peuple néandertalien à travers le destin d'Ao, le dernier représentant de cette espèce. Ce film est tiré du roman "Ao, l'homme ancien" de Marc Klapizynski. "Ao, le dernier Néandertal" est sortie en salle en septembre 2010. Pour les conseils scientifiques, les producteurs et le réalisateur firent appel à une spécialiste de Néandertal, Marylène Patou-Mathis. Elle s'attacha à décrire les habits, les campements, les armes, la façon de vivre et de chasser. Cette paléontologue démontre que l'Homme de Neandertal est un stratège au langage articulé, le plus grand chasseur de tous les temps. Il aurait été moins fécond que son rival Homo sapiens (Homme moderne), mais des études génétiques menées depuis 2010 montrent que les deux espèces se sont hybridées. Après avoir vécu près de 300 000 ans, si Néandertal a disparu, il reste un peu de lui en nous... Suivant les individus, jusqu'à 4% de notre ADN contraindrait du code génétique de Néandertal. Dans le film, quelques écueils persistent, notamment la présence de l'ours blanc contemporain de Néandertal. L'état actuel des recherches attestent que l'ours blanc est apparu plusieurs millénaires après la disparition de Néandertal, attestée aujourd'hui vers -38 000 ans dans la péninsule ibérique, près de Gibraltar. Coproduction : France Télévisions.

De part et d'autre du globe, plusieurs événements auraient eu lieu : une hybridation identifiée en 2018 entre Néandertal et Denisoviens (site de Denisova, en Sibérie), ainsi qu'une possible hybridation entre Néandertal et Homo sapiens à l'ouest, et entre Denisoviens et Homo sapiens à l'est.
A la faveur de l'évolution des techniques d'analyses, après l'identification en Indonésie d'Homo Floresiensis il y a quelques années, une nouvelle espèce est introduite en 2019 dans le genre Homo. Il s'agit d'Homo Luzonensis, vivant également en Asie du sud-est et datant de plus de 50 000 ans, sur l'île de Luçon aux Philippines (ossements mis au jour à partir de 2007).
Pour Néandertal, longtemps considéré comme un être primitif et bestial, il est aujourd'hui reconnu comme un humain à part entière. Néandertal n'était ni supérieur, ni inférieur à l'homme moderne (Homo sapiens), il était différent. La découverte en 1856, de sa drôle de calotte crânienne dans la vallée ("thal" en allemand) de Neander en Allemagne et les découvertes majeurs du XIXe siècle ont mis le monde scientifique en ébullition, suscité de nombreuses interprétations scientifiques et nourris les imaginaires. Une espèce plus proche de nous qu'on ne le croyait il y a quelques années et dont la disparition nous interroge sur notre propre destinée face aux changements environnementaux (et culturels ?).

Diffusé en avril 2018 sur la chaîne télévisuelle France 5, le documentaire "Qui a tué Néandertal ?" fut réalisé par Thomas Cirotteau, d'après le livre de paléofiction "Qui a tué Néandertal ?" d'Éric Pincas (rédacteur en chef du magazine Historia). Jacques Malaterre a également participé à l'écriture de ce documentaire qui dévoile, sous la forme d'une enquête policière, l'ensemble de la démarche scientifique en archéologie visant à élucider le mystère de la disparation de Néandertal. Fausse enquête policière mais véritable enquête scientifique sur l'une des disparitions les plus fascinantes de l'histoire de l'humanité. Des séquences du film "Ao, l'homme ancien" sont incorporées à ce thriller préhistorique dans lequel des chercheurs du monde entier entreprennent de retracer le fil de l'histoire de cette espèce humaine. Coproduction : Bonne pioche télévision et France Télévisions.

 

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