19/11/2017

Actualités archéologiques

 

 

 

1 )    Exposition : Le verre, un Moyen Age inventif. Vitraux, gobelets, verres à tige, "ampoules", perles ou plaques émaillées, verres d'optiques : les hommes du Moyen Age entretiennent avec le verre un rapport de réel fascination. Tout au long de la période, la production de verre s'enrichit de techniques de mieux en mieux maîtrisées, de formes innovantes et d'usages plus variés. L'exposition donne à voir et à comprendre ce foisonnement créatif et technique. Quelques deux cents oeuvres sont ainsi réunies dans le frigidarium des thermes de Cluny et placées en regard d'enluminures, peintures et gravures qui témoignent des usages du verre au Moyen Age. Musée de Cluny - Musée national du Moyen Age (01 53 73 78 00 / 16), 6 place Paul-Painlevé, 75005 Paris, RER B Cluny-La Sorbonne. Jusqu'au 8 janvier 2018.    www.musee-moyenage.fr

 

2 )    Exposition : Dans la peau d'un soldat. De la Rome antique à nos jours. Entrez dans la peau d'un soldat ! Deux jours de vivres, des effets personnels, des armes et des munitions... Le poids et la composition du "barda" du soldat sont restés étonnamment stables pendant 2000 ans. Qu'il soit légionnaire romain ou combattant d'Afghanistan, il doit toujours manger, se laver, dormir, se protéger des intempéries, se distinguer de ses adversaires mais aussi tromper l'attente avant le combat, vaincre les appréhensions, garder le contact avec ses proches... Au fil des siècles et dans les civilisations les plus diverses, de nombreuses solutions ont été conçues pour répondre à ces besoins, parfois insolites ou vouées à l'échec, mais parfois si créatives et astucieuses qu'elles ont été adaptées pour le grand public : saviez-vous que le pliable, le réversible, la nourriture longue conservation ou encore internet sont issus du monde militaire ? Comme rarement ailleurs, cette exposition s'intéressera aux objets familiers et à la vie des soldats avant et après le combat depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Musée de l'armée (01 44 42 38 77), 129 rue de Grenelle, 75007 Paris. Tous les jours jusqu'à 17h. Jusqu'au 28 janvier 2018.    www.musee-armee.fr

 

3 )    Exposition : Le Pérou avant les Incas. Au pied de la Cordillière des Andes, sur la côte nord du Pérou, se trouve l'un des déserts les plus arides de la planète. Un territoire inhospitalier sur lequel se sont épanouies de nombreuses cultures aujourd'hui tombées dans l'oubli, eclipsées dans l'imaginaire par l'Empire Inca. Parmi ces sociétés anciennes, les Mohicas (ou Moché), sans doute l'une des premières à avoir construit une structure étatique, ont posé, il y a plus de 1500 ans, les bases de la civilisation préhispanique. S'appuyant sur les récentes avancées archéologiques réalisées dans la région (sur les sites des Huacas...), l'exposition se propose d'étudier l'origine et l'organisation du pouvoir dans ces sociétés anciennes. Parmi les dieux celestes, les rois, les élites et seigneurs urbains, les guerriers et prêtres, qui détenait ce pouvoir ? Comment se manifestait-il ? Une enquête archéologiques sur la succession des systèmes politiques. Musée du Quai Branly (01 56 61 70 00) Mezzanine est, 37 quai Branly, 75007 Paris. Jusqu'au 1 avril 2018.    www.quaibranly.fr

 

4 )    Salon : Le premier salon des patrimoines locaux : livres, publications, images, en lien avec notre environnement régional s'est tenu à Viry-Châtillon le 10 décembre 2016. Devise des organisateurs : "Pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient !" Les producteurs de biens culturels ont pu exposer, faire connaître, vendre au public leurs productions (ouvrages, brochures et autres), ou tout simplement transmettre gratuitement leurs connaissances.
Ferme de Viry-Châtillon, 31 rue Henri Barbusse, 91170 Viry-Châtillon, parking de la mairie. Samedi 10 décembre 2016, de 14h à 19h, entrée gratuite.

Notre association (AAC-CEA) a répondu favorablement à l'appel des organisateurs (ARDIPA). Quelques membres de l'AAC-CEA ont tenu un stand dans ce bel espace de la ferme de Viry-Châtillon et ont aimablement accueilli les visiteurs afin de leur présenter nos travaux de sauvegarde du patrimoine concernant la villa gallo-romaine de Moulon. Au delà des échanges sur la mise en valeur du site gallo-romain, nous avons également échangé sur la céramologie gallo-romaine, un peu moins sur la chimie analytique, la microscopie électronique ou la physique des matériaux propre à l'archéologie ;-)

 

5 )    Hommage : Pincevent, plus de 50 ans de fouilles et de recherches sur les Magdaléniens (1964 - 2014). Voilà plus de 50 ans que les archéologues fouillent le site archéologique de Pincevent situé sur la commune de La Grande Paroisse en Seine et Marne (77) ! Découvert lors de l'exploitation d'une gravière non loin de Varennes sur Seine, ce campement de chasseurs de rennes de la dernière période froide du Paléolithique récent est fouillé depuis un demi-siècle par des équipes du CNRS, héritiers de l'école de pensée d'André Leroi-Gourhan. Site emblématique de la recherche archéologique internationale, de nombreux préhistoriens, ethnologues et autres spécialistes se sont un jour penchés sur ce sol qui a conservé le passage de nos lointains ancêtres. Dans ce fond de vallée de la Seine, actuellement ponctué de gravières, les Magdaléniens sont revenus à 23 reprises chasser le renne puis le cheval il y a environ 14 000 ans. De douces inondations provoquées par les débordements de la Seine ont recouverts chacune de ces occupations. De fines couches de limon ont ainsi assuré un parfait état de conservation à ces différents niveaux d'habitation. Ce qui fait de Pincevent un "Pompéi préhistorique". La formule suivante se prête particulièrement bien au site de Pincevent : fouiller les strates unes à unes et lire la préhistoire, comme dans un livre ! Des restes de campements très bien conservés furent ainsi dégagés sur plusieurs milliers de mètres carrés. En 2014, plusieurs manifestations furent proposées au public pour célébrer ce demi-siècle de recherches, notamment une exposition réalisée par le Centre archéologique de Pincevent, situé sur le site de fouilles. A la lumière des résultats des recherches, cette exposition entreprit de présenter le mode de vie des chasseurs-cueilleurs magdaléniens. Dans le contexte du site de Pincevent, quelles étaient leurs techniques de chasse, leurs habitations, leurs habitudes alimentaires ? Le Musée de Préhistoire d'Ile de France propose toute l'année de retrouver le monde des Magdaléniens ; à l'aide d'objets permanents associés à un circuit de visite didactique, par des expositions thématiques ou des ateliers pédagogiques. Musée de Préhistoire d'Ile de France (01 64 78 54 80), 48, avenue Etienne Dailly, 77140 Nemours.     www.musee-prehistoire-idf.fr

 

6 )    25/10/2017 : Ils avaient effectué une entrée remarquée sur la chaîne télévisuelle France 3 en janvier 2003, avec l'Odyssée de l'espèce (record d'audience TV de l'époque avec 9 millions de téléspectateurs). Yves Coppens en conseiller scientifique et le réalisateur Jacques Malaterre récidivèrent avec Homo sapiens, diffusé sur France 3 le 11 janvier 2005. Ce fut encore un beau score d'audience télévisuelle ! Des résultats qui révèlent l'intérêt du public pour les origines de l'Homme. Ce second opus commence là où finissait le précédent. Moins scientifique, certainement, plus romanesque, sans nul doute ! "Ou on travaille pour des milliers, des dizaines de milliers de personnes ou pour des millions de personnes ! ... Le problème de ces films sera toujours un mélange d'information et de fiction..." C'est en ces termes qu'Yves Coppens répond en 2005 aux questions concernant ce documentaire parfois emphatique et par trop emplis d'humanisme, à la recherche constante de l'émotion. Dans ce nouvel épisode, un développement plus important est mis en place pour le traitement envers les morts et le chamanisme. Souvent emporté par un lyrisme peu approprié et fermé au doute qui fait la Science. En effet, l'imagination des réalisateurs l'emporte trop souvent sur la Science. Néanmoins, c'est somme toute un effort non négligeable de vulgarisation scientifique. On ne se lasse pas de cette aventure humaine. Mais pourquoi et comment cousin Néandertal a-t-il disparu (non adaptation au changement climatique, pandémie létale liée à un virus exogène, arrivée d'Homo Sapiens et bouleversement de l'équilibre de la niche écologique dans laquelle il évoluait depuis 200 000 ans, élimination par d'autres hominidés, hybridation culturelle et biologique avec d'autres hominidés, notamment les Denisoviens [site de Denisova, en Sibérie], puis absorption génétique "discrète" par l'Homme moderne qu'est Homo Sapiens... qui venait de domestiquer le loup, devenu le meilleur ami de l'homme, excellent coéquipier dans la chasse au gibier, devenu plus rare pour nourrir les jeunes Néandertaliens) ?

Dans la journal Libération, daté 29-30 janvier 2005, cinq spécialistes de la Préhistoire signaient un texte dans lequel ils dénonçaient avec virulence certains des aspects de ces deux films. Le 2 avril 2005, une émission de Michel Alberganti radiodiffusée sur France Culture proposait d'en débattre avec Boris Valentin et Jacques Pélegrin (représentants des 5 signataires de l'article de Libération de janvier 2005). Au menu : Comment vulgariser un domaine où les incertitudes scientifiques ouvrent la voie à la fiction ?...

Au cours d'un colloque archéologique en novembre 2006, Yves Coppens revient sur le premier épisode de 2003 pour lequel il conserve une fierté eu égard à l'audience et à l'effort de vulgarisation et annonce :"... Quand on est conseiller scientifique on n'a pas grand chose à dire face à la production, aux gestionnaires... Le montage m'a aussi en partie échappé... Je ne crois pas que tous les préhistoriques étaient aussi laids et hébétés que l'a montré le film... Pourquoi Néandertal, vivant dans une région froide aurait-il la peau plus sombre qu'Homo Sapiens venant d'une région tempérée comme l'était le Moyen-Orient de l'époque ?... Néandertal se trouvant en admiration devant Cro-Magnon / Homo Sapiens, est-ce bien la réalité ?..."

Le Sacre de l'Homme diffusé sur France 2 le 10 avril 2007 est le troisième opus. Consacré essentiellement au Néolithique, on y dépeint la naissance d'une économie de production, en insistant sur les nouveaux rapports qu'entretiennent maintenant les groupes humains. Les anciens chasseurs - cueilleurs nomades deviennent lentement sédentaires et défendent un territoire cultivé, une propriété. Un milieu naturel progressivement maîtrisé, des moyens de subsistances prévisibles : la révolution du Néolithique ! L'environnement ne cessera, de mutations en remaniements, de perdre peu à peu la plupart de ses états naturels sous l'effet de techniques toujours plus efficaces. La main de l'homme maîtrise le territoire, le paysage ! C'est également l'avènement des premières cités... Conseillers scientifiques : Yves Coppens et Jean Guilaine.

L'Odyssée de l'espèce, Homo sapiens et Le Sacre de l'Homme sont disponibles en DVD (France Télévisions Editions). La diffusion de ces "documentaires" ou  "docu-fictions" fut l'occasion d'éditer plusieurs livres et bandes dessinés (Editions Flammarion et Bamboo).

Conforté par le succès de ces 3 épisodes, le réalisateur Jacques Malaterre s'est lancé dans l'aventure cinématographique. Pas un "docu-fiction" mais une histoire romancée, celle de la disparition du peuple néandertalien à travers le destin d'Ao, le dernier représentant de cette espèce. Ce film est tiré du roman "Ao, l'homme ancien" de Marc Klapizynski. Ao, le dernier Néandertal est sortie en salle en septembre 2010. Pour les conseils scientifiques, les producteurs et le réalisateur firent appel à une spécialiste de Néandertal, Marylène Patou-Mathis. Elle s'attacha à décrire les habits, les campements, les armes, la façon de vivre et de chasser. Cette paléontologue démontre que l'Homme de Neandertal est un stratège au langage articulé, le plus grand chasseur de tous les temps. Il aurait été moins fécond que son rival Homo sapiens (Homme moderne), mais des études génétiques menées depuis 2010 montrent que les deux espèces se sont hybridées. Si Néandertal a disparu, il reste un peu de lui en nous... Suivant les individus, jusqu'à 4% de notre ADN contraindrait du code génétique de Néandertal. Dans le film, quelques écueils persistent, notamment la présence de l'ours blanc contemporain de Néandertal. L'état actuel des recherches attestent que l'ours blanc est apparu près de 6000 ans après la disparition de Néandertal, attestée aujourd'hui vers -29 000 ans dans la péninsule ibérique. Coproduction France Télévisions.

De part et d'autre du globe, deux événements, au moins, auraient eu lieu : une possible hybridation entre Néandertal et Homo sapiens (Homme moderne), à l'ouest, et entre Denisoviens (site de Denisova, en Sibérie) et Homo sapiens (Homme moderne) à l'est.

En préparation : Le futur de l'Homme. Toujours avec Jacques Malaterre, ce prochain "roman préhistorique" fera un nouveau bond en avant dans l'histoire de l'humanité.

 

 

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