26/2/2017

Actualités archéologiques

 

 

 

1 )    Salon : Le premier "salon" des patrimoines locaux : livres, publications, images, en lien avec notre environnement régional s'est tenu à Viry-Châtillon le 10 décembre 2016. "Pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient !" Les producteurs de biens culturels ont pu exposer, faire connaître, vendre au public leurs productions (ouvrages, brochures et autres), ou tout simplement transmettre gratuitement leurs connaissances.
Ferme de Viry-Châtillon, 31 rue Henri Barbusse, 91170 Viry-Châtillon, parking de la mairie. Samedi 10 décembre 2016, de 14h à 19h, entrée gratuite.

Notre association (AAC-CEA) a répondu favorablement à l'appel des organisateurs (ARDIPA). Quelques membres de l'AAC-CEA ont tenu un stand dans ce bel espace de la ferme de Viry-Châtillon et ont aimablement accueilli les visiteurs afin de leur présenter nos travaux de sauvegarde du patrimoine concernant la villa gallo-romaine de Moulon. Au delà des échanges sur la mise en valeur du site gallo-romain, nous avons également échangé sur la céramologie gallo-romaine, un peu moins sur la chimie analytique, la microscopie électronique ou la physique des matériaux propre à l'archéologie ;-) Bonne ambiance !

 

2 )    Exposition : Sur les traces de la santé. Comment les sociétés du passé ont-elles appréhendées la santé, la maladie ou le handicap ? L'étude de restes humains ou d'objets découverts en contexte archéologique apporte des éléments de réponse inattendus. Tout comme les connaissances médicales apparaissent étonnamment développées dès la Préhistoire, les soins et la prise en charge du handicap, indices d'organisation sociale, sont présents chez les groupes humains depuis les temps les plus anciens. Entre anthropologie, archéologie funéraire et paléopathologie, cette exposition illustre, par des moulages d'ossements humains, des objets liés à la pratique médicale et des dipositifs multimedias, l'actualité de la recherche éclairée par les apports d'une multiplicité d'autres disciplines : médecine contemporaine, primatologie, ethnologie... L'exposition aborde quatre thèmes : certaines médecines du passé, la prise en charge du handicap, la lecture des maladies détectées par l'analyse des os et les corps marqués par la vie. Musée de l'Homme ( 01 44 05 72 72), 14, place du Trocadéro, 75016 Paris. Métro L6 et L9 Trocadéro. Jusqu'au 15 mai 2017.

 

3 )    Exposition : La dolce villa : vivre à la romaine dans les campagnes du nord de la Gaule. Architecture et vie quotidienne des villae gallo-romaines pendant l'Antiquité. La bataille d'Alésia en 52 avant Jésus-Christ marquerait la fin brutale d'une civilisation gauloise, au profit d'une nouvelle culture romaine. Or, l'archéologie révèle une réalité bien plus nuancée. Les élites gauloises notamment adoptent progressivement un mode de vie "à la romaine" et le revendiquent dès cette époque tout en conservant et adaptant certaines traditions et techniques gauloises. Les villae gallo-romaines sont une des manifestations les plus spectaculaires de cette transformation. A la fois grandes exploitations agricoles et résidences de campagne parfois luxueuses elles reflètent l'identité de cette nouvelle classe politique. Cette exposition montre comment les élites du nord de la Gaule s'approprient dans leurs habitations les éléments du confort et du raffinement de la société romaine. Musée Archéa, 56 rue de Paris (01 34 09 01 02), 95380 Louvres. Jusqu'au 21 mai 2017.    http://archea.roissypaysdefrance.fr

 

4 )    Exposition : La mode au Moyen-Age. Cette exposition retrace l'histoire de la mode au cours de l'époque glorieuse du château de Dourdan, le Moyen-Age. Plusieurs collections sont réunies et invitent les visiteurs, dans des ambiances de l'époque, à découvrir quelques pièces rares et certaines techniques de fabrication. Musée du château (01 64 59 66 83), Place du général de Gaulle, 91 Dourdan. Jusqu'au 30 juin 2017.

 

5 )    Exposition : Quoi de neuf au Moyen âge ? Châteaux assiégés, chevaliers secourant des princesses en détresse, épidémies de peste, les images convenues sur le Moyen Age sont nombreuses et les lieux communs ont la vie dure. Or de nombreuses découvertes faîtes ces dernières années par les archéologues offrent un Moyen Age plus complexe et plus passionnant qu'on ne croyait. Avec la présentation de restitutions de fouilles archéologiques emblématiques et de travaux historiques récents. Cité des Sciences et de l'industrie (01 40 05 75 04), 30 avenue Corention-Cariou, 75019 Paris. Métro Porte de la Villette. Jusqu'au 6 août 2017.    www.cite-sciences.fr

 

6 )    Exposition : Construire malin, construire romain : 7 matériaux pour un Empire. Les constructions monumentales romaines permettaient aux habitants de tout l'Empire de toucher du doigt sa puissance, d'écarquiller les yeux devant son faste. Que ces monuments restent orgueilleusement debout après vingt siècles, ou que les archéologues n'en aient retrouvé que les pieds, tous regorgent de trouvailles constructives, d'astuces techniques, de procédés ingénieux. C'est au pied du mur que l'on voit à quel point le maçon romain était malin ! Le musée archéologique du Val d'Oise, en liaison avec des sites de son département, de l'Oise et de l'Eure, ouvre les coulisses du monumental, révèle les dessous du grandiose. Il part du début, du plus simple, des matériaux de construction, et montre comment le bâtisseur romain tire le meilleur des ressources locales ou résout habillement les problèmes du transport, comment il standardise opérations et produits pour allier rapidité et économie. Musée archéologique du Val d'Oise (01 34 67 45 07), place du château, 95450 Guiry en Vexin. Jusqu'au 17 septembre 2017.    www.valdoise.fr/608r

 

7 )    Exposition : Les roches gravées du Massif de Fontainebleau. Un art préhistorique largement méconnu. Encore méconnues comparées à celles que l'on retrouve dans les Alpes, ces gravures intriguent non seulement par leur forme mais aussi par leur situation dans des cavités ou sur des surplombs souvent difficiles d'accès. Les éléments figuratifs y sont peu nombreux. Il s'agit pour la plupart de motifs abstraits gravés dans le grès des abris rocheux et attribués au Mésolithique (vers 9500 - 5000 avant Jésus-Christ). Des recherches en cours laissent toutefois présager une diversité insoupçonnée jusqu'à ce jour. Récemment, des représentations de personnages stylisés, d'époque néolithique (Ve millénaire avant Jésus-Christ) ont été découvertes sur des menhirs et des rochers en plein air. Musée de Préhistoire d'Ile de France, 48 avenue Etienne Dailly (01 64 78 54 80), 77140 Nemours. Jusqu'au 12 novembre 2017.    www.musee-prehistoire-idf.fr

 

8 )    Evénement : Après 6 ans de travaux, le Musée de l'Homme a réouvert ses portes au public en octobre 2015. Six ans de travaux ont été nécessaires à l'entière rénovation du musée tant sur le plan architectural intérieur que muséographique. En apparence, de l'extérieur, rien n'a changé ; à l'intérieur rien n'est plus comme avant. Le bâtiment a été entièrement rénové, les espaces reconfigurés pour accueillir le public et les 150 chercheurs et leurs étudiants. Le public se retrouve dans un musée disposant de nouvelles galeries d'expositions permanentes et temporaires et d'espaces de médiation. Les chercheurs et leurs étudiants bénéficient de toutes nouvelles structures comprenant des bureaux et des salles d'enseignement, des laboratoires ainsi que les réserves des collections et une bibliothèque de recherche. L'établissement est dépositaire d'une collection remarquable en préhistoire ainsi qu'en anthropologie biologique et culturelle. Musée de l'Homme, Palais de Chaillot, Place du Trocadéro, 75016 Paris.   www.museedelhomme.fr

 

9 )    Hommage : Pincevent, 50 ans de fouilles et de recherches sur les Magdaléniens (1964 - 2014). Voilà 50 ans que les archéologues fouillent le site archéologique de Pincevent situé sur la commune de La Grande Paroisse en Seine et Marne (77) ! Découvert lors de l'exploitation d'une gravière non loin de Varennes sur Seine, ce campement de chasseurs de rennes de la dernière période froide du Paléolithique récent est fouillé depuis un demi-siècle par des équipes du CNRS, héritiers de l'école de pensée d'André Leroi-Gourhan. Site emblématique de la recherche archéologique internationale, de nombreux préhistoriens, ethnologues et autres spécialistes se sont un jour penchés sur ce sol qui a conservé le passage de nos lointains ancêtres. Dans ce fond de vallée de la Seine, actuellement ponctué de gravières, les Magdaléniens sont revenus à 23 reprises chasser le renne puis le cheval il y a environ 14 000 ans. De douces inondations provoquées par les débordements de la Seine ont recouverts chacune de ces occupations. De fines couches de limon ont ainsi assuré un parfait état de conservation à ces différents niveaux d'habitation. Ce qui fait de Pincevent un "Pompéi préhistorique". La formule suivante se prête particulièrement bien au site de Pincevent : fouiller les strates unes à unes et lire la préhistoire, comme dans un livre ! Des restes de campements très bien conservés furent ainsi dégagés sur plusieurs milliers de mètres carrés. En 2014, plusieurs manifestations furent proposées au public pour célébrer ce demi-siècle de recherches, notamment une exposition réalisée par le Centre archéologique de Pincevent, situé sur le site de fouilles. A la lumière des résultats des recherches, cette exposition entreprit de présenter le mode de vie des chasseurs-cueilleurs magdaléniens. Dans le contexte du site de Pincevent, quelles étaient leurs techniques de chasse, leurs habitations, leurs habitudes alimentaires ? Le Musée de Préhistoire d'Ile de France propose toute l'année de retrouver le monde des Magdaléniens ; à l'aide d'objets permanents associés à un circuit de visite didactique, par des expositions thématiques ou des ateliers pédagogiques. Musée de Préhistoire d'Ile de France (01 64 78 54 80), 48, avenue Etienne Dailly, 77140 Nemours.     www.musee-prehistoire-idf.fr

 

10 )    5/1/2017 : Ils avaient effectué une entrée remarquée sur France 3 en janvier 2003, avec l'Odyssée de l'espèce (record d'audience TV de l'époque avec 9 millions de téléspectateurs). Yves Coppens en conseiller scientifique et le réalisateur Jacques Malaterre récidivèrent avec Homo sapiens, diffusé sur France 3 le 11 janvier 2005. Ce fut encore un beau score d'audience télévisuelle ! Des résultats qui révèlent le goût du public pour les origines de l'Homme. Ce second opus commence là où finissait le précédent. Moins scientifique, certainement, plus romanesque, sans nul doute ! "Ou on travaille pour des milliers, des dizaines de milliers de personnes ou pour des millions de personnes ! ... Le problème de ces films sera toujours un mélange d'information et de fiction..." C'est en ces termes qu'Yves Coppens répond en 2005 aux questions concernant ce documentaire parfois emphatique et par trop emplis d'humanisme, à la recherche constante de l'émotion. Dans ce nouvel épisode, un développement plus important est mis en place pour le traitement envers les morts et le chamanisme. Souvent emporté par un lyrisme peu approprié et fermé au doute qui fait la Science. En effet, l'imagination des réalisateurs l'emporte trop souvent sur la Science. Néanmoins , c'est somme toute un effort non négligeable de vulgarisation scientifique. On ne se lasse pas de cette aventure humaine. Mais pourquoi et comment cousin Néandertal a-t-il disparu (non adaptation au changement climatique, pandémie létale liée à un virus exogène, arrivée d'Homo Sapiens et bouleversement de l'équilibre de la niche écologique dans laquelle il évoluait depuis 200 000 ans, élimination par d'autres hominidés, hybridation culturelle et biologique avec d'autres hominidés, notamment les Denisoviens [site de Denisova, en Sibérie], puis absorption génétique "discrète" par l'Homme moderne qu'est Homo Sapiens... qui venait de domestiquer le loup, devenu le meilleur ami de l'homme, excellent coéquipier dans la chasse au gibier, devenu plus rare pour nourrir les jeunes Néandertaliens) ?

Dans Libération, daté 29-30 janvier 2005, cinq spécialistes de la Préhistoire signaient un texte dans lequel ils dénonçaient avec virulence certains des aspects de ces deux films. Le 2 avril 2005, une émission de Michel Alberganti radiodiffusée sur France Culture proposait d'en débattre avec Boris Valentin et Jacques Pélegrin (représentants des 5 signataires de l'article de Libération de janvier 2005). Au menu : Comment vulgariser un domaine où les incertitudes scientifiques ouvrent la voie à la fiction ?...

Au cours d'un colloque archéologique en novembre 2006, Yves Coppens revient sur le premier épisode de 2003 pour lequel il conserve une fierté eu égard à l'audience et à l'effort de vulgarisation et annonce :"... Quand on est conseiller scientifique on n'a pas grand chose à dire face à la production, aux gestionnaires... Le montage m'a aussi en partie échappé... Je ne crois pas que tous les préhistoriques étaient aussi laids et hébétés que l'a montré le film... Pourquoi Néandertal, vivant dans une région froide aurait-il la peau plus sombre qu'Homo Sapiens venant d'une région tempérée comme l'était le Moyen-Orient de l'époque ?... Néandertal se trouvant en admiration devant Cro-Magnon / Homo Sapiens, est-ce bien la réalité ?..."

Le Sacre de l'Homme diffusé sur France 2 le 10 avril 2007 est le troisième opus. Consacré essentiellement au Néolithique, on y dépeint la naissance d'une économie de production, en insistant sur les nouveaux rapports qu'entretiennent maintenant les groupes humains. Les anciens chasseurs - cueilleurs nomades deviennent lentement sédentaires et défendent un territoire cultivé, une propriété. Un milieu naturel progressivement maîtrisé, des moyens de subsistances prévisibles : la révolution du Néolithique ! L'environnement ne cessera, de mutations en remaniements, de perdre peu à peu la plupart de ses états naturels sous l'effet de techniques toujours plus efficaces. La main de l'homme maîtrise le territoire, le paysage ! C'est également l'avènement des premières cités... Conseillers scientifiques : Yves Coppens et Jean Guilaine.

L'Odyssée de l'espèce, Homo sapiens et Le Sacre de l'Homme sont disponibles en DVD (France Télévisions Editions). La diffusion de ces "documentaires" ou  "docu-fictions" fut l'occasion d'éditer plusieurs livres et bandes dessinés (Editions Flammarion et Bamboo).

Conforté par le succès de ces 3 épisodes, le réalisateur Jacques Malaterre s'est lancé dans l'aventure cinématographique. Pas un "docu-fiction" mais une histoire romancée, celle de la disparition du peuple néandertalien à travers le destin d'Ao, le dernier représentant de cette espèce. Ce film est tiré du roman "Ao, l'homme ancien" de Marc Klapizynski. Ao, le dernier Néandertal est sortie en salle en septembre 2010. Pour les conseils scientifiques, les producteurs et le réalisateur firent appel à une spécialiste de Néandertal, Marylène Patou-Mathis. Elle s'attacha à décrire les habits, les campements, les armes, la façon de vivre et de chasser. Cette paléontologue démontre que l'Homme de Neandertal est un stratège au langage articulé, le plus grand chasseur de tous les temps. Il aurait été moins fécond que son rival Homo sapiens (Homme moderne), mais des études génétiques menées depuis 2010 montrent que les deux espèces se sont hybridées. Si Néandertal a disparu, il reste un peu de lui en nous... Suivant les individus, jusqu'à 4% de notre ADN contraindrait du code génétique de Néandertal. Dans le film, quelques écueils persistent, notamment la présence de l'ours blanc contemporain de Néandertal. L'état actuel des recherches attestent que l'ours blanc est apparu près de 6000 ans après la disparition de Néandertal, attestée aujourd'hui vers -29 000 ans dans la péninsule ibérique. Coproduction France Télévisions.

De part et d'autre du globe, deux événements, au moins, auraient eu lieu : une possible hybridation entre Néandertal et Homo sapiens (Homme moderne), à l'ouest, et entre Denisoviens (site de Denisova, en Sibérie) et Homo sapiens (Homme moderne) à l'est.

En préparation : Le futur de l'Homme. Toujours avec Jacques Malaterre, ce prochain "roman préhistorique" fait un nouveau bond en avant dans l'histoire de l'humanité.

 

 

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