Actualités archéologiques
1. Exposition - Archéologie d'une couleur : le musée Archéa voit rouge
Couleur du sang et du feu, du luxe et du pouvoir, le rouge est l'une des premières teintes que l'homme à
produites et déclinées en de multiples nuances. L'archéologie nous livre, à travers l'étude des vestiges
de décors peints, d'éléments architecturaux, de céramiques, d'étoffes, de parures ou encore d'armements,
de nombreuses informations quant à la provenance, la transformation et la commercialisation de ces
fascinantes matières rouges.
Un parallèle est souvent fait par les chercheurs entre la couleur rouge de l'ocre et celle du sang,
symbole ambivalent associé à la vie comme à la mort. Cela pourrait expliquer sa présence en contexte
funéraire : plusieurs tombes paléolithiques et néolithiques ont ainsi révélé des défunts abondamment
recouverts de poudre rouge.
Mais attention cependant à ne pas tout voir en rouge ! Parmi les vestiges archéologiques mis au jour,
certains étaient d'une tout autre couleur à l'origine. C'est le cas des silex blonds qui sont restés des
milliers d'années sous terre et dont la patine, sous l'effet de migration d'éléments ferreux, est
devenus brun-rougeâtre. Les colorations végétales des textiles, statues et statuettes n'ont pas toujours
bien résisté à l'épreuve du temps et se sont rapidement dégradées. La recherche archéologique est alors
primordiale pour y voir plus clair.
Musée Archéa, archéologie en Pays de France (01 34 09 01 01), 56 rue de Paris, 95380 Louvres. Jusqu'au
15 novembre 2026.
https://archea.roissypaysdefrance.fr
2. Salon des patrimoines locaux (salon Ardipa 2026)
Salon annuel où les producteurs de biens culturels exposent, échangent avec le public ou vendent leurs
productions (livres, publications multi-média, offres de conférences ou d'expositions...), ou tout
simplement transmettent gratuitement leurs connaissances.
Plusieurs associations en lien avec le Patrimoine local sont présentes et proposent de découvrir leurs
travaux.
Possibilité d'adhésions sur place.
Quelques animations sont organisées au cours de l'événement (exposition, projection de film
documentaire, conférence, tirage d'une tombola lancée début septembre...).
Organisateur : Ardipa, avec la participation de la ville de Viry-Châtillon et du Conseil départemental
de l'Essonne.
Ferme de Viry-Châtillon, 31 rue Henri Barbusse, 91170 Viry-Châtillon, parkings de la mairie. En
novembre ou décembre 2026, de 14h à 18h, entrée gratuite, parkings à proximité.
Contact : ardipa@yahoo.com
3. Hommage : Pincevent, 60 ans de fouilles et de recherches sur les Magdaléniens (depuis 1964)
Voilà plus de 60 ans que les archéologues fouillent le site archéologique de Pincevent situé sur la commune de La Grande Paroisse en Seine et Marne (77) ! Découvert lors de l'exploitation d'une gravière non loin de Varennes sur Seine, ce campement de chasseurs de rennes de la dernière période froide du Paléolithique récent est fouillé par des équipes du CNRS, héritiers de l'école de pensée d'André Leroi-Gourhan.
Site emblématique de la recherche archéologique internationale, de nombreux préhistoriens, ethnologues et autres spécialistes se sont un jour penchés sur ce sol qui a conservé le passage de nos lointains ancêtres. Dans ce fond de vallée de la Seine, actuellement ponctué de gravières, les Magdaléniens sont revenus au moins à 23 reprises chasser le renne puis le cheval il y a environ 14 000 ans. De douces inondations provoquées par les débordements de bras de la Seine ont recouverts chacune de ces occupations. De fines couches de limon ont ainsi assuré un parfait état de conservation à ces différents niveaux d'habitation. Ce qui fait de Pincevent un "Pompéi préhistorique". La formule suivante se prête particulièrement bien au site de Pincevent : fouiller les strates unes à unes et lire la préhistoire, comme dans un livre ! Des restes de campements très bien conservés furent ainsi dégagés sur plusieurs milliers de mètres carrés.
En 2014, plusieurs manifestations furent proposées au public pour célébrer un demi-siècle de recherches, notamment une exposition réalisée par le Centre archéologique de Pincevent, situé sur le site de fouilles. A la lumière des résultats des recherches, cette exposition entreprit de présenter le mode de vie des chasseurs - cueilleurs(ses) - pêcheurs magdaléniens. Dans le contexte du site de Pincevent, quelles étaient leurs techniques de chasse, leurs habitations, leurs habitudes alimentaires ?
Le Musée de Préhistoire d'Ile de France situé à Nemours (77) propose de retrouver toute l'année le monde
des Magdaléniens ; à l'aide d'objets exposés de façon permanente associés à un circuit de visite
didactique et par des expositions thématiques ou des ateliers pédagogiques.
Musée de Préhistoire d'Ile de France (01 64 78 54 80), 48, avenue Etienne Dailly, 77140 Nemours.
https://www.musee-prehistoire-idf.fr
4. Homo Sapiens versus Néandertal (15/02/2026)
Ils avaient effectué une entrée remarquable sur la chaîne télévisuelle France 3 en janvier 2003, avec
"l'Odyssée de l'espèce" (record d'audience TV de l'époque avec neuf millions de
téléspectateurs puis beau succès à l'étranger, environ 400 millions de téléspectateurs dans 25 pays). Yves
Coppens en conseiller scientifique et le réalisateur Jacques Malaterre
récidivèrent avec "Homo sapiens", diffusé sur France 3 en janvier 2005.
Ce deuxième épisode fit également un beau score d'audience télévisuelle ! Des résultats qui
révèlent l'intérêt du public pour les origines de l'Homme. Ce second opus
commence là où finissait le précédent. Moins scientifique, certainement, plus
romanesque, sans nul doute ! << Ou on travaille pour des milliers, des
dizaines de milliers de personnes ou pour des millions de personnes ! ... Le
problème de ces films sera toujours un mélange d'information et de
fiction... >> C'est en ces termes qu'Yves Coppens répond en 2005 aux
questions concernant ce documentaire parfois emphatique et par trop emplis
d'humanisme, à la recherche constante de l'émotion. Dans ce nouvel épisode, un
développement plus important est consacré au traitement envers les morts
et au chamanisme. Souvent emporté par un lyrisme peu approprié et fermé au
doute qui fait la Science.
En effet, l'imagination des réalisateurs l'emporte trop souvent sur
la Science.
Néanmoins, c'est somme toute un effort non négligeable de vulgarisation scientifique.
On ne se lasse pas de cette aventure humaine.
Mais pourquoi et comment cousin Néandertal a-t-il disparu (non
adaptation au changement climatique, pandémie létale liée à un virus exogène,
arrivée d'Homo sapiens et bouleversement de l'équilibre de la niche écologique dans laquelle il
évoluait depuis plus de 200 000 ans, élimination par d'autres représentants du genre Homo, taux
de reproduction plus faible que d'autres Homo, hybridation culturelle et biologique avec
d'autres Homo, notamment avec Homo denisovensis [les Denisoviens du site de Denisova,
en Sibérie], puis
absorption génétique "discrète" par l'Homme moderne qu'est Homo sapiens... qui venait de
domestiquer le loup (vers -34 000 ans), devenu le meilleur ami de l'homme, excellent coéquipier dans la
chasse au gibier, notamment le gros gibier devenu plus rare pour nourrir les jeunes Néandertaliens) ?
Plusieurs anthropologues avancent qu'un processus de domestication particulièrement intense de notre espèce
par elle-même aurait rendu les Homo sapiens plus sociables et plus collaboratifs que les autres
espèces. (autodomestication humaine = forte augmentation de la population + accélération de l'évolution
des techniques).
Dans le journal Libération, daté 29 & 30 janvier 2005, cinq spécialistes de la Préhistoire signaient un texte dans lequel ils dénonçaient avec virulence certains des aspects de ces deux films. Le 2 avril 2005, une émission de Michel Alberganti radiodiffusée sur France Culture proposait d'en débattre avec Boris Valentin et Jacques Pélegrin (représentants des cinq signataires de l'article de Libération de janvier 2005). Au menu : << Comment vulgariser un domaine où les incertitudes scientifiques ouvrent la voie à la fiction ?... >>
Au cours d'un colloque archéologique en novembre 2006, Yves Coppens revint sur le premier épisode de 2003 pour lequel il conservait une fierté eu égard à l'audience et à l'effort de vulgarisation. Il annonça : <<... Quand on est conseiller scientifique on n'a pas grand chose à dire face à la production, aux gestionnaires... Le montage m'a aussi en partie échappé... Je ne crois pas que tous les préhistoriques étaient aussi laids et hébétés que l'a montré le film... Pourquoi Néandertal, vivant dans une région froide aurait-il la peau plus sombre qu'Homo sapiens venant d'une région tempérée comme l'était le Moyen-Orient de l'époque ?... Néandertal se trouvant en admiration devant Cro-Magnon / Homo sapiens, est-ce bien la réalité ?... >>
Le "Sacre de l'Homme" diffusé sur France 2 le 10 avril 2007 est le troisième opus de Jacques
Malaterre. Consacré essentiellement au
Néolithique, on y dépeint la naissance d'une économie de production, en
insistant sur les nouveaux rapports qu'entretiennent maintenant les groupes
humains. Les anciens chasseurs - cueilleurs(ses) - pêcheurs nomades deviennent lentement
sédentaires et défendent un territoire cultivé, une propriété. Un milieu
naturel progressivement maîtrisé, des moyens de subsistances prévisibles : la profonde mutation
culturelle du Néolithique, s'étalant sur plusieurs siècles et sur d'immenses territoires !
L'environnement ne cessera, de mutations en
remaniements, de perdre peu à peu la plupart de ses états naturels sous l'effet
de techniques toujours plus efficaces. La main de l'homme maîtrise le
territoire, le paysage ! C'est également l'avènement des premières cités...
Conseillers scientifiques : Yves Coppens et Jean Guilaine.
A la lumière des connaissances de 2020, le passage à l'agriculture et à l'élevage s'est sans doute déroulé
sous la contrainte de bouleversements climatiques, limitant les ressources naturelles disponibles sans trop
d'effort, ou dû à l'augmentation de la population nomade (trop de bouches à nourrir pour des ressources en
baisse). Les travaux agricoles deviennent une nécessité. Plus durs et chronophages que le prélèvement sur la
nature, l'agriculture et l'élevage participent à la détérioration de la santé des hommes et des animaux
élévés. La longévité est réduite (éléments identifiables en fouilles archéologiques). Toutefois le taux de
reproduction des populations d'agriculteurs sédentaires a augmenté et a compensé leurs taux de mortalité
supérieurs.
L'Odyssée de l'espèce, Homo sapiens et Le Sacre de l'Homme sont disponibles en DVD et sur internet (France Télévisions Editions). La diffusion de ces documentaires ou docu-fictions fut l'occasion d'éditer plusieurs livres et bandes dessinés (Editions Flammarion et Bamboo).
Conforté par le succès de ces trois épisodes, le réalisateur Jacques Malaterre s'est lancé dans
l'aventure cinématographique. Pas un "docu-fiction" mais une histoire
romancée, celle de la disparition du peuple néandertalien à travers le destin
d'Ao, le dernier représentant de cette espèce.
Ce film est tiré du roman
"Ao, l'homme ancien" de Marc Klapizynski. "Ao, le dernier
Néandertal" est sortie en salle en septembre 2010. Pour les conseils
scientifiques, les producteurs et le réalisateur firent appel à une spécialiste
de Néandertal, Marylène Patou-Mathis. Elle s'attacha à décrire les habits, les
campements, les armes, la façon de vivre et de chasser. Cette paléontologue
démontre que l'Homme de Neandertal est un stratège au langage articulé, le plus grand
chasseur de tous les temps. Il taillait des outils performants, était en capacité d'une pensée
symbolique et pratiquait des rites funéraires. Il aurait été moins fécond que son rival Homo
sapiens (Homme moderne), mais des études génétiques menées notamment depuis le séquençage
complet de son génome en 2010, montrent que les deux
espèces se sont hybridées.
Après avoir vécu près de 300 000 ans, si Néandertal a disparu, il reste un peu de lui en
nous... Suivant les individus hors d'Afrique, jusqu'à 4 % de leur ADN contiendrait du code génétique de
Néandertal.
Les Aborigènes d'Australie ainsi que les Papous possèdent jusqu'à 6 % de gènes hérités des Denisoviens (site de Denisova). Homo
sapiens s'est installé en Europe vers -42 000 ans.
Dans le film, quelques écueils persistent, notamment la présence de
l'ours blanc, contemporain de Néandertal. L'état actuel des recherches attestent que l'ours blanc est
apparu plusieurs millénaires après la disparition de Néandertal, attestée
aujourd'hui vers -33 000 ans dans la péninsule ibérique, près de Gibraltar. Coproduction : France
Télévisions.
De part et d'autre du globe, plusieurs événements auraient eu lieu : une hybridation
identifiée en 2018 entre Néandertal et Denisoviens, ainsi qu'une autre entre Néandertal et Homo
sapiens à l'ouest, au Proche-Orient il y 80 000 à 100 000 ans, et entre Denisoviens et Homo
sapiens à l'est.
A la faveur de l'évolution des techniques d'analyses biologiques, après l'identification en Indonésie d'Homo
Floresiensis (-100 000 à -50 000 ans) il y a quelques années, une nouvelle espèce est
introduite en 2013 dans le genre Homo. Il s'agit d'Homo Naledi en Afrique du sud, puis
de Homo Luzonensis en 2019, vivant en Asie du sud-est et datant de plus de 50 000
ans, sur l'île de Luçon aux Philippines (ossements mis au jour à partir de 2007).
En 2021, des traces de Denisovien ont été mises au jour au Laos par une équipe internationale. Il s'agit
d'une molaire ayant appartenu à une fillette de 3 à 8 ans, ayant vécue il y a 130 000 ans. Pour Denisovien, le lien
géographique est désormais établi entre les régions froides du Nord de l'Eurasie et la zone tropicale
d'Asie du Sud-Est. Elle montre aussi la faculté d'adaptation de cette espèce humaine à des climats très
différents.
Pour Néandertal, longtemps considéré comme un être primitif et bestial, il est aujourd'hui reconnu comme
un humain à part entière. Néandertal n'était ni supérieur, ni inférieur à l'homme moderne (Homo
sapiens), il était différent. La découverte en 1856, de sa singulière calotte crânienne dans la
vallée ("thal" en allemand) de Neander en Allemagne et les découvertes majeurs du XIXe siècle ont mis le
monde scientifique en ébullition, suscité de nombreuses interprétations scientifiques et nourris les
imaginaires. Une espèce plus proche de nous qu'on ne le croyait il y a quelques années et dont la
disparition nous interroge sur notre propre destinée face aux changements environnementaux (et culturels
?).
Diffusé en 2018 sur la chaîne télévisuelle de la TNT France 5, le documentaire "Qui
a tué Néandertal ?" fut réalisé par Thomas Cirotteau, d'après le livre de paléofiction "Qui a tué
Néandertal ?" d'Éric Pincas (rédacteur en chef du magazine Historia). Jacques Malaterre a également
participé à l'écriture de ce documentaire qui dévoile, sous la forme d'une enquête policière, l'ensemble
de la démarche scientifique en archéologie visant à élucider le mystère de la disparation de Néandertal.
Fausse enquête policière mais véritable enquête scientifique sur l'une des disparitions les plus
fascinantes de l'histoire de l'humanité. Des séquences du film "Ao, le dernier
Néandertal" sont incorporées à ce thriller préhistorique dans lequel des chercheurs du monde entier
entreprennent de retracer le fil de l'histoire de cette espèce humaine.
Coproduction documentaire : Bonne pioche télévision et France Télévisions.
Près de vingt ans après "l'Odyssée de l'espèce", Jacques Malaterre est revenu avec
un nouveau docu-fiction, "Les derniers secrets de l'humanité", racontant l'évolution de
l'Homme en Asie, coécrit avec le paléontologue Yves Coppens, décédé en juin 2022. C'est Antoine Balzeau
(CNRS et MNHN) qui a poursuivi la responsabilité scientifique du projet. Cette fresque s'étale sur plus
d'un million d'années à travers de grands territoires, des frontières de la Mongolie jusqu'aux confins
des forêts de la Chine tropicale, l'environnement qui a accueilli le stégodon, l'ancêtre de l'éléphant,
et le gigantopithèque, l'ancêtre du gorille. D'Homo erectus à Homo sapiens, cet
épisode dévoile les récentes découvertes scientifiques sur l'origine de l'Homme. Les principaux sujets
concernent la découverte du feu, de l'art et l'adaptabilité de nos ancêtres face à la nature. Une
aventure préhistorique et scientifique entièrement filmée en Chine en 2021, dans des conditions
délicates, notamment à cause de la pandémie de CoVid 19.
Quelques étrangetés interpellent le téléspectateur averti : Homo erectus vétu en permanence de
peau animal, peu de différences physiques entre Homo erectus et Homo sapiens, la
découverte par le même individu Homo erectus de la fabrication du feu puis de la découverte du
trait, du graphe en grattant un coquillage... Le découpage chronologique de différentes séquences est
peu marqué. Elles auraient pu bénéficiées de plus de repères pédagogiques. Dans cet opus à la gloire de
la Chine, il est question d'émotion, celle transmise au téléspectateur, toujours, mais également celle
entre les représentants du genre Homo au cours des âges. A la lumière des connaissances
actuelles, il est encore très complexe, voire hasardeux, d'interpréter un système de pensée, une
mentalité, des émotions, une prise de conscience...
Diffusé le 16 avril 2024 sur la chaîne télévisuelle de la TNT France 2. Production documentaire 2023 :
10.7 Productions. Budget : 6 millions d'euros.
Diffusé en octobre 2024 sur la chaîne télévisuelle de la TNT Arte, "Thorin,
le dernier Néandertalien" apporte un nouvel éclairage sur cette enquête. Découvert en 2015, le
squelette de Thorin a été l'un des secrets les mieux gardés de l'archéologie mondiale de l'époque,
jusqu'à la publication scientifique d'avril 2023. Au cours de la fouille de la grotte Mandrin, dans le
sud de la France, l'archéologue Ludovic Slimak (CNRS) a collecté et fait analyser ces fossiles très
rares d'un Néandertalien. Datés de -38 000 ans, ils correspondent à un représentant tardif de son
espèce. Ce documentaire suit les recherches menées sur le terrain puis en laboratoires depuis 2017 et
présente les résultats disponibles en 2024.
Réalisation : Pascal Cuissot. Conseiller scientifique : Ludovic Slimak. Production documentaire 2024 :
Arte TV.
5. Yves Coppens
Yves Coppens s'en est allé à l'âge de 87 ans le 22 juin 2022. Quelques semaines auparavant, il faisait paraître un dernier ouvrage, son autobiographie, "Une mémoire de mammouth". Yves Coppens appréciait la lumière, microphones et caméras, il fut un excellent passeur de Science, un transmetteur de connaissances sans nul autre pareil dans sa discipline et son époque.
C'est en novembre 1974, au nord-est de l'Ethiopie, dans la basse vallée de l'Awash (dans la Rift valley), qu'Yves Coppens prélève le fossile baptisé Lucy (ou Lucie). Daté de 3,2 millions d'années, ces restes humains correspondent au premier spécimen fossile de l'espèce Australopithecus afarensis identifiés (complet à 40 %). De la buissonnante famille Hominines, Lucy n'est pas l'ancêtre de l'humanité, c'est une lointaine cousine du genre Homo. Bien sûr, Yves Coppens n'était pas seul dans l'aventure. Ce projet, codirigé par Donald Johanson (paléo-anthropologue américain), Maurice Taïeb (géologue français) et Yves Coppens (paléontologue), accueillait également quelques chercheurs et collaborateurs scientifiques éthiopiens.
Les premiers fragments du squelette furent prélevés par Donald Johanson et l'un de ses étudiants en stage, Tom Gray.
Lucy, en référence à "Lucy in the sky", succès des Beatles bien apprécié par l'équipe de fouille.