Plateau de Saclay
Situé à 20 kilomètres au sud de Paris, le Plateau de Saclay s'étend sur près de 5000 hectares. Il regroupe 15 communes : cinq du département des Yvelines (78) et dix de l'Essonne (91).
D'une altitude moyenne de 150 mètres (point culminant à 161 m), le Plateau de Saclay est très exposé au vent et, en hiver, la température moyenne atteint quelques degrés de moins qu'à Paris. Limité au nord par la vallée de la Bièvre, au sud-ouest par la vallée de la Mérantaise, au sud par la vallée de l'Yvette, le plateau n'est pas limité à l'ouest, vers l'agglomération de Saint Quentin en Yvelines.
En l'état actuel des connaissances et des recherches menées par des associations locales,
le CNRS et l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives), l'occupation de ce
territoire est attestée depuis l'époque du Néolithique (vers 5800 ans avant J.-C.).
Pour l'époque gallo-romaine, l'habitat identifié se situe plutôt en bordure de plateau. Le centre du
territoire reste à vocation de cultures et d'élevage. A cette époque, le Plateau de Saclay est situé sur
le territoire des Parisii, dont la limite géographique sud est supposée correspondre à la
vallée de l'Yvette. Au contact des zones frontières des communautés Carnutes (à l'ouest) et Sénons (au
sud), l'ensemble est sous la juridiction de la province de Lyonnaise. Les grandes agglomérations les
plus proches sont Paris, Chartres (Autricum), Evreux (Mediolanum) et Dreux (Durocasses). Les vicus de moyenne
importance aujourd'hui identifiés sont Jouars-Pontchartrain (Diodurum, 78), Etampes (Stampae,
91), Ablis (Avallocium ?, 78) et Dourdan (Dordincum, 91).
La voie antique secondaire de Paris à Chartres traverse le Plateau du nord-est vers le sud. En longeant
la Bièvre à partir d'Antony, cette voie est supposée traverser les communes de Bièvres, Vauhallan,
Saclay, Saint-Aubin puis descend vers Gif sur Yvette. La voie principale quitte le tracé de Paris à
Orléans à la hauteur d'Antony, se dirige vers Massy puis Palaiseau et longe l'Yvette jusqu'à Bures sur
Yvette pour la montée vers Gometz le Châtel.
A partir du Xe siècle, les premiers villages modernes restructurent le paysage ancien et se stabilisent
autour d'un habitat fortifié.
Le sol du Plateau de Saclay est considéré comme fertile. L'épaisseur de terre végétale est
en général inférieure à un mètre (époque du Quaternaire). Néanmoins la couche suivante est constituée de
loess de plateau (limon d'origine éolienne), très favorable à la pratique de l'agriculture. Son
épaisseur est typiquement de 1 à 2 mètres sur la majorité du territoire. Elle est suivie par une couche
de sables de Lozère.
L'argile à meulière puis la meulière de Montmorency et des cailloux de silex établissent la strate
suivante et expliquent l'occupation humaine tardive du territoire en raison des sols retenant l'humidité
(paludisme, fièvre typhoïde...). Avec les aménagements récents menés sur le plateau, plusieurs nappes
d'eau "perchées" au-dessus des argiles furent identifiées. Alimentées par les eaux de surface, ces
nappes se situent généralement entre deux et quatre mètres de profondeur. Ces volumes d'eau fluctuent
régulièrement en fonction des conditions métérologiques.
Au cours du Néolithique, la maîtrise de l'environnement par le drainage des sols a sans doute permis de
réduire la nature marécageuse de certains secteurs du Plateau de Saclay et initier localement
l'agriculture et l'élevage. Peut-être transformer une partie du territoire par des nivellements de
terrains (aidé en cela par l'érosion naturelle des sols) ? A l'ouest de l'école Polytechnique et au sud
du plateau (La Plaine de Moulon), des fossés de drainage sont soupçonnés pour les périodes de l'Age du
fer (La Tène finale) et Gallo-romaine et nécessitent de nouvelles investigations. En 2005, à l'occasion
d'un diagnostic archéologique mené par l'INRAP, des drains en pierre meulière de l'époque gallo-romaine
furent mis au jour au nord de l'IUT d'Orsay, près de la centrale de géothermie de Moulon (Le Petit
Saclay).
La couche géologique suivante est caractérisée par les sables de Fontainebleau !
Géologie du Plateau de Saclay (généralités)
- Terre végétale : épaisseur de 30 à 60 cm
- Limons des plateaux (loess, comprenant limon argileux, limon sableux) : épaisseur variable jusqu'à 3,5 m, beige, orangé à brun-brun gris (avec oxydes ferro-manganiques)
- Sables de Lozère : épaisseur variable jusqu'à 1 m
- Argile à meulière puis meulière de Montmorency et cailloux de silex : épaisseur variable jusqu'à 12 m
- Sables et grès de Fontainebleau : période Oligocène (le Stampien, il y a 24 à 34 millions d'années), épaisseur environ 50 m
- Marnes à huîtres puis marnes vertes...
Informations de l'Institut Géographique National (IGN) et BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière)